De bons païens

mercredi 24 octobre 2018

De la mort et de son autel.

"Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dit
Ça noircit le blanc de l'œil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli."

  (Prévert, Chanson des escargots)

 

Si effectivement ces réflexions vous gênent, ou rouvrent des cicatrices trop fraîches, alors cette fois peut-être, vous devriez passer votre chemin...

 

Pour les autres, si vous voulez bien me suivre vers le royaume des ombres... Ce voyage nous emportera parfois loin dans mes souvenirs ou mes pensées mais nous ramènera toujours, en pointillé, dans mon salon, grâce à la magie d'un drôle de vaisseau couvert de fleurs...

Alors poussons-en la porte...

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Sur la porte, la figure de Mercure le Dieu voyageur. Un clin d'oeil à nos invités de passage. 

 

Le salon est sombre. Il est orienté au Nord et la lumière y rentre peu. Le tissu tendu sur les murs n'a pas d'âge. Les meubles sont noirs, le marbre de la cheminée, la banquette et les fauteuils en cuir, également. Seules de faibles lumières, placées bas, l'éclairent. Quand nous recevons, nous allumons une multitude de bougies et la pièce ainsi animée, devient alors très chaleureuse.

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Mais en journée, C'est tout le contraire. La pièce obscure invite au recueillement, à la solitude et même, à la méditation...

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C'est là  sur un petit meuble, que se dresse ce que nous avons appelé,  notre "autel des ancêtres".

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Il s'agit d'un petit temple de bois entouré de statuettes, de photos, de bâtons d'encens, de laurier et de trouvailles disposées ici et là par notre dernière fille.

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Son caractère sensible et appliqué à toutes les choses cultuelles, font qu'elle fait vivre cet autel plus qu'aucun autre membre de la famille  avec spontanéité et désinvolture. A tout moment de la journée, elle allume un bâton d'encens, fait brûler une feuille de laurier ou dépose ses trésors: des marrons d'Inde, des cailloux , des fleurs et toutes sortes de trouvailles merveilleuses au yeux d'une enfant.

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 Cette enfant a une histoire particulière...

Je n'ai pas l'habitude de raconter de choses si personnelles et j'avoue que c'est bien plus terrifiant que de se montrer en photo. Mais en écrivant ce soir, des souvenirs me reviennent et même, un éclairage nouveau sur de vieux souvenirs délaissés. Et puis bon... n'est ce pas l'utilité d'un blog que de se différencier ainsi des articles de wikipédia...

Cette enfant, disais-je, n'aurait pas du être là. Condamnée par la médecine in utero, je l'ai portée un long un mois ne sachant si elle était morte ou encore vive. C'était l'hiver, c'était Noël, et j'avais accepté la situation, considérant que la nature était toujours la grande prêtresse, seule apte à couper le fil de la vie, plus que les médecins qui m'avaient vivement invitée à me libérer de ce "fardeau".

J'en avait décidé autrement: elle s'éteindrait d'elle même quand son heure serait venue. Il fallait malgré tout, car c'est la loi quand la grossesse a dépassé les six mois,  lui trouver une prénom, et l'inscrire dans notre livret de famille à la suite des cinq autres . Ce serait donc notre enfant mort. Nous étudiions en ce temps les offres de sépultures d'enfant.

Combien de femmes étaient passées par là auparavant? Alors, parceque ces drames sont ancrées dans l'histoire féminine depuis la nuit des temps,  j'acceptais, paisiblement; étonnant souvent, choquant parfois.

Ce petit être, j'avais décidé de l'appeller Neige... parcequ'il avait neigé cet hiver là et qu'elle n'aurait été qu'une  lumière éphémère dans ma vie, dont j'aurais compté les jours, comme on compte la tenue de la neige sur les toits.

Mais la nature en décida autrement. Et à la plus grande surprise des médecins, elle vit le jour au printemps, minuscule mais si belle. ("lien: elle est là") 

Elle ne se prénommerait pas Neige.

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Alors... Est-ce sa pousse dans ce terreau plein d'ombres qui lui a donné certaines inclinations particulières?

Un goût du drame, du culte et des encens, de manière un brin théâtral... mais profondément authentique: un besoin de donner du sens aux choses du temps et de la nature, de toujours tout mettre en scène.

 

Ainsi, il y a quelques années, mon grand père chéri est parti à jamais. Il s'appelait Aimé. 

Il avait été  si bien nommé...

Toute la famille monta dans les Flandres pour l'enterrement de cet homme infiniment bon.

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la ferme où il naquit, et...

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... à un jet de pierre, le cimetière au clocher de bois où il repose. Mon grand-père avait cette chance d'appartenir à une terre, à une culture régionale. Chance que je n'ai pas.

Il était de ces "peuples de quelque part".

Dans la petite église, ce jour là, imaginez-vous: quinze enfants  pleurant à chaudes larmes, s'entrainant les uns les autres dans des sanglots entrecoupés de hoquets et de mouchages bruyants. (Le prêtre qui officiait était africain. Au milieu de la cérémonie, il descendit les marches qui le séparait des cousins pour venir leur parler. Il eut alors des mots extraordinaires, les félicitant d'être là. C'était la première fois qu'il voyait autant d'enfants, si jeunes, à des funérailles et cela lui rappelait son Afrique, où la mort fait encore partie du quotidien de tous, sans fard, intrinsèquement liée à la vie elle même.)

Puis vint le moment de la mise en terre.

Une  image peu commune surprit alors notre petite assemblée familiale et même, les employés des pompes funèbres.

Alors que le cercueil de mon grand père avait déjà été descendu dans le caveau, notre petite fille, qui n'avait pas quatre ans, remarqua l'immense plume de faisan vénéré que j'avais apportée afin de la déposer sur la tombe. Car mon grand-père était chasseur.  Alors, elle me demanda si elle pouvait descendre directement dans le caveau pour la poser sur le cercueil en bois.

C'est donc ce qu'elle fit.

L'entrée du caveau était étroite et bien qu'elle même toute petite, elle dû se baisser pour y entrer. Les hommes en noir la tirèrent alors vers l'intérieur obscur et elle disparu dans la terre avec eux. Elle posa l'immense plume ainsi que le paquet de Dunhill que mon magnifique grand père ne finirait jamais plus, puis reparu, tout à fait satisfaite.

Depuis, alors qu'elle ne le connaissait pas vraiment, elle lui voue un véritable amour posthume allant jusqu'à me piquer des photos que je retrouve dans son cartable.

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Dans ma famille maternelle, flamande, nous allons au cimetière.

Souvent. 

Quand nous étions enfants, avec mes soeurs et mon frère, nous passions nos vacances dans les Flandres. En promenade nous allions, en plus, prendre le vert dans les cimetières militaires! Les guerre ayant sévi sur ces terres, le paysage là bas, est couvert de cimetières militaires étrangers: américains, anglais, canadiens, allemands. Mon cher grand-père stoppait toujours sa voiture pour marcher entre les tombes blanches sur le gazon vert brillant. Et petits,  nous le suivions sans trop savoir pourquoi. Il n'y avait rien à faire qu'à regarder les noms sur les pierres. Mais nous aimions faire cela avec lui. C'était une habitude, c'est devenu un souvenir, et pour moi désormais,presque, une tradition.

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Ma grand-mère a une manière bien à elle (entendez, un peu excessive..) d'inspecter les tombes, leur entretien ou leur fleurissement, comme si le cimetière était une miniature: une sorte de village sur et sous la terre, où les familles sont réunis pour l'éternité et les voisins toujours aussi curieux de ce que l'autre a!

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wwwAlors ma maman raconte sa famille... Ces noms aux consonnances râpeuses qui étonnent les enfants (qui ne sont rien, à côté de certains prénoms! Alidor et Zénobie tout de même!), les métiers, les liens, les histoires... Elle raconte son pays.

 Du choix des prénoms dans la lignée:

Cette famille a une particularité. En effet, ma maman se prénomme Corneille (en deuxième prénom heureusement!).

Mes aïeux portent également tous le prénom de Cornil ou Cornélie à la suite de leur prénom principal. On dit ici que Cornil aurait été un Saint protégeant les bébés et les enfants, mais en fait on ne sait pas... Alors,je m'imagine plutôt une figure tutélaire à cornes: le grand Cernunnos! Dieu antérieur aux panthéons des grands Dieux ouraniens, Dieu préhistorique lié à la terre et à la fertilité que les gaulois ont gardé, absorbé.

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 Cernunnos. (pillier des Nautes)

C'est souvent en contemplant la fin que l'on se met à raconter les débuts: les cimetières, les fêtes des morts, les enterrements sont autant d'occasion à faire renaître des souvenirs, à reformuler les liens familiaux et à raconter toutes sortes d'anecdotes qui rendent l'histoire vivante.

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Mangez quand vous visitez! Croquez à pleines dents dans les recettes de terroirs pour goûter au pays. Car c'est la nourriture des mères qui a faconné les peuples. La gastronomie est le lien physique entre le lieu et ceux qui l'habitent:  car ce qui vient de la terre se met à couler dans les veines.

 

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Quand j'y pense, ce n'est pas la première fois que je vous parle des cimetières.

Je crois que j'aime connaître les "vrais gens d'ici" quand je visite. Quels sont ces gens issus de cette terre et qui y ont finalement pris lentement racines? Quels sont les patronymes régionaux en usage ici ou là? Mon attachement aux liens du sol avec ceux du sang n'y est certainement pas étranger.

Je repense à cet article sur le Mont saint Michel (ici)

ou encore celui ci : qui se passait en Bourgogne:

Dans le petit village où nous allons passer des vacances, le sol du cimetière est très sec et calcaire:  c'est sans doute pour cela que des os remontent régulièrement à la surface. Les enfants, tel des archéologues, cherchent ces trésors. Une omoplate ou une mâchoire ont ainsi fait l'objet de toutes leur attention, au sens scientifique mais également au sens de la dignité humaine: les os receuillis sont toujours jetés dans l'ossuaire avec de vrais égards.

On peut trouver ce jeu curieux! Sans doute faut-il le voir comme une quête à la rencontre de nous même,  une exploration aux confins de l'humain lorsque celui-ci, poussière après poussière, atome après atome, retourne au Cosmos:  à un état de matière qui sera en continuel changement.

Etat d'où il venait avant de s'incarner dans le ventre de sa mère.

 

"Quand on arrive dans ce monde on apparaît.

Quand on meurt on disparaît.

La vie ne serait-elle  qu'une apparition?"

(Patrick Burensteinas. Conférence "naissance et renaissance, utube)

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Mais les cimetières ne sont pas le seul lieu où nous pouvons nous recueillir.

 Le déracinement des familles a entrainé celui des cimetières: A quoi bon être enterré ici plutôt que là? Sans réelle attache et loin des siens?

Alors le choix de l'air, mouvant, plutôt que celui de la terre, immobile, séduit de plus en plus. C'est l'incinération.

La rapidité du feu contre la lente désagrégation du corps dans l'humus.

L'éclair fulgurant d'un Jupiter cosmique contre le long cycle d'une Terre-mère.

Un jaillissement masculin contre la gestation féminine, ou encore,

le feu ou les fleurs...

le choix n'est pas aisé...  Mais au coeur du foyer, nous pouvons réunir les deux dans notre

Autel des morts:

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Vivre... En s'embrasant, ou en se consummant lentement?

 

"telles les races des feuilles,

telles les races des hommes,

tantôt tombant sous le vent

tantot s'accoroissant, inombrables sous la poussée des forets

quand survient la saison printannière,

Ainsi des générations.

L'une croit,

L'autre s'efface. " (Homère)

 

Les feuilles de laurier étaient traditionnellement utilisées en Grêce dans les cultes et le sont de nouveau dans le nouveau paganisme grec. Elle crépitent et sentent "divinement" bon en brûlant.

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Le choix de dresser chez soi un autel des ancêtres va à l'encontre de la société actuelle.

Il y a quelque chose de profondément traditionnel dans cette pratique.

Une origine antique:

La religion chrétienne nous a habitué à placer les morts dans les terres consacrées, loin des habitations.

Habitués à cela, cette proposition de ramener la mort dans nos foyers peut alors paraître sordide pour beaucoup d'entre nous!

On pourra également croire que c'est un effet de mode: En effet, le jour des morts mexicains le "dia los muertos" s'est abattu depuis peu sur notre pays en mal de sens. Le dessin animé Coco de Pixar a ouvert une porte dans laquelle nos concitoyens(nes?) se sont engouffrées avec jubilation. (voir vidéo ) 

Mais un autel aux ancêtres dans sa maison est une antique tradition romaine, reprise par les gaulois dont nous descendons.https://static.blog4ever.com/2006/01/8432/artimage_8432_992893_201004152517694.jpeg

 Le laraire était un petit temple de pierre dans lequel on plaçait des statuettes de terre, de pierre ou de bronze, ainsi que des offrandes.

Y figurait:

-de grands Dieux (Mercure, le dieu du commerce, le préféré des gaulois. Ce qui démontre que la religion était au coeur de la vie de tous les jours), IMG_9464

-des Dieux typiquement gaulois de la nature, et des lieux (déesses des rivières, Epona déesses des chevaux, etc...). D'ailleurs, un détail tout à fait surprenant change également: le laraire gallo-romain est souvent enterré, dans une cave , une niche sombre. Sans doute faut-il y voir encore les traces d'un attachement aux cultes de la fertilité. De plus on a découvert sur certains des figures celestes: lunes et étoiles. Ce qui traduit cet attachement des gaulois avec la nature.

-des déesses de fertilité, produites en grand nombre par l'industrie gallo romaine: figure maternelle héritée du fond des âges, portant des paniers de fruits et deux enfants. Une figure si chère à notre peuple qu'elle transcenda même une religion dite monothéiste..

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-des dieux du foyer, propres à la famille, transmis de générations en générations.

- et bien sûr, puisque c'est notre sujet, des statuettes des membres disparus de la famille, c'est à dire des ancêtres modèles vertueux dont l'exemple guidait la famille d'autant plus aisément qu'à la différence des dieux, l'ancêtre est, viscéralement, une part de nous même.

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lien vers une explication des laraires, aussi riche que facile à lire.

 

La mort en face:

Autrefois, la mort était proche des hommes, perçue et anoblie par un ensemble de rituels et d'usages sociaux.

On mourrait au village, parmi sa famille, à côté de ses voisins. Le  curé en soutane était ce passeur d'état: bénissant d'une même main le front d'un nouveau né, et fermant les paupières d'un vieillard. Il était là, figure de proue de la plus grande crainte des hommes, à l'origine de toutes les religions.

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Image de la mort en attente...

 Le quotidien des villages était ponctué de veillées funèbres, de messes et d'enterrements. Ici et là, on croisait des gens vêtus de noir, portant ostensiblement le signe de leur deuil. (cette pratique a bien mauvaise presse aujourd'hui. Elle semble même cruelle. Et pourtant aujourd'hui, qu'est-ce qui différencie une mère qui a par exemple a perdu son enfant d'une autre? Et ce faisant, comment lui venir en aide, dans le quotidien?)

Mais le monde moderne a muré la mort dans les hôpitaux.

Et tel l'adage: Loin des yeux, loin du coeur, la mort nous est devenue totalement étrangère, lointaine, obscure et innomable.

Un autel des ancêtres dans la maison permet de replacer la mort dans le cycle naturel de la vie.

Cette vie elle même peut s'en trouver galvanisée: vivre à côté de l'inéluctable nous fait mesurer à quel point chaque jour est une chance et une source potentielle d'opportunitées et de joies.

"en te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d'être heureux" (Marc Aurèle).

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Cheminer dans son deuil: de la noirceur à la clarté.

"Même quand la blessure guérit, la cicatrice demeure". (Publius Syrus)

 

Un autel de cette sorte, vivant et gai peut être une aide précieuse lorsque l'on a perdu un être cher.

Les sourires y sont sereins, entourés de fleurs. Souvent, on choisit des portraits d'eux plus beaux, plus jeunes, loin de la maladie ou de la vieillesse. ( sans doute choisissons nous des portrait de l'âme?).

Dans notre société où tout va vite, même le deuil est chronométré. On doit faire son deuil  et tourner la page. La souffrance de l'autre indispose...

 Mais on sait aujourd'hui qu'on ne fait jamais son deuil. On y chemine seulement  pour enfin, un jour, parvenir à cette dernière étape, où, loin d'avoir oublié la personne, on l'a assimilée en soi tel une présence intérieure.  

"Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis."  (Victor Hugo)

 

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On peut alors se contenter de regarder le visage de nos disparus à travers leurs photographies, parcequ'on les a aimés et c'est déjà très bien.

Mais l'humain étant ce qu'il est, il est souvent à la recherche de réponses à ses propres manquements. Il a parfois besoin de se trouver des guides. Alors tel le père de famille antique qui officiait devant le laraire (mais était-ce toujours le père chez les Gaulois? pas sûr...), nous pouvons puiser en eux des forces et des inspirations.

Nos morts avaient tous un "génie" qui leur était propre.

Oh non, nos aïeux n'étaient pas parfaits! (et nos liens avec eux pas toujours évidents...)

(Mais laissons les modèles de perfection aux religions monothéistes), ils avaient des défauts, tout comme les anciens Dieux, mais ils avaient aussi très certainement tous au moins une qualité évidente. C'est dans cette qualité que l'on pourra puiser l'inspiration.  Dès lors, ce n'est alors plus la seule émotion qui nous relie à eux, c'est quelque d'autre, que l'on ressent en chacune de nos cellules: une énergie, un élan de vie.

Quelques Exemples:

Mon grand-père Aimé m'inspire la bonté, le calme mais aussi l'esprit d'aventure et de l'entreprise. (Une sorte de Mercure?)

On m'a raconté de mon grand-père André disparu trop tôt, sa joie irradiante, son goût des combats et du travail artisanal.

De son épouse, ma grand-mère Blanche je tiens déjà une curiosité insatiable et le goût de la décoration, mais elle peut encore me donner de l'élan (et de l'humour) à revendre!

Chez Chr..., ma marraine de coeur, je puiserai grâce, distinction féminine et tant d'art.

Chez toi M. qui nous a quitté il y a si peu de temps, ta culture, ta générosité et ton combat pour tes idées seront toujours un phare.

D'Albert et Georges nos chers voisins d'enfance, avec qui nous partagions en définitive la même grande maison, je puiserai la simplicité rustique, la lenteur sage et magnifique et ce grand savoir qu'est la lecture des signes du ciel pour comprendre les saisons et les métamorphoses du temps...

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 (Le conciliabule des ancêtres, Dessin animé "Mulan", Disney)

 

 

en pratique, A quoi doit ressembler un autel des ancêtres?

  A vous!

 

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Photo de la page "la joie des fleurs", qui témoigne, avec goût et retenue de cet interet pour les autels aux morts. (LIEN)

 

Mais qu'il soit rustique ou contemporain, viril ou romantique, les composantes indispensables de l'autel sont:

-des photographies de vos morts (A noter que les mexicains pratiquant depuis toujours ces autels lors de la fête du "dia los muertos" ne mettent jamais de photos de leurs morts où apparaît quelqu'un de vivant. je ne sais pas ce qu'il faut en penser, mais c'est une piste de réflexion que je vous laisse le soin d'approfondir...).

  -Des souvenirs sensuels, tactiles et olfactifs: qui ont appartenu au défunt ou vous l'évoque seulement. ( Comme un paquet de Dunhill par exemple! ;) )

 -des bougies pour "feu" nos aïeux: le feu a une symbolique riche et forte. Il est depuis toujours utilisé dans les rites. Il nous éclaire de sa lumière, nous permet de voir ce qui était obscur sans lui: le feu nous ouvre la voie de la la clairvoyance, de la spiritualité. Il est
purificateur. Son analogie avec le soleil, par la  chaleur et la lumière, l'apparente à une source de vie, ainsi qu'à l'immortalité. 

-des fleurs ou des éléments naturels: les fleurs, de par leurs couleurs et leurs parfums sont l'emblème  de la vie et du réveil de la nature. Ces feux d'artifices multicolores sortis de terre préfigurent la transmutation des corps des défunts. Grâce à elles,  l'autel s'inscrit dans le cycle des saisons, le grand tout. Ainsi on arrive à replacer le mort dans le cercle de la vie:

"ce principe immuable de renouvellement et de disparition où chaque espèce connaît ce destin absurde de la naissance involontaire et de la mort certaine." (Sylvain Tesson)

                                                  Déjà l'homme paléolitique disposait des fleurs sur les tombes. ( source archéologique)

Les fleurs,  posées à coté du mort sont aujourd'hui une tradition typique de la culture européenne et de ses rituels funeraires.

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On peut également  y placer des plantes, des offrandes de nos jardins et de nos forêts, comme des châtaignes, des fruits ou toutes sortes de trouvailles: coquillages, pierres , plumes...

 

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Le 1er Novembre en Pologne.

 

 Photographies, toujours...

Pour finir cet immense article (bravo si vous êtes arrivés jusque là!) permettez-moi de vous dire quelque chose:

Nos ancêtres ne sont pas tous morts!

Ce que je veux dire c'est que vous avez peut-être encore un grand-père, ou une grand mère qui serait ravi de garder un lien avec vous, en recevant de temps en temps une petite photo de votre vie de tous les jours ou un selfie souriant.

Il y a deux ans j'ai découvert ces applications qui permettent d'envoyer à nos grands parents coupés du monde virtuel, de véritables cartes postales cartonnées, à partir de nos téléphones. Cela prend environ deux secondes...

"une image vaut mille mots". Confucius

Et ça peut changer la vie de quelqu'un...

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Note: Après avoir testé deux applications: Fizzer et Mobile Postcard, 

et être enfin allée chez ma grand mère où j'ai découvert sa petite collection (car toute la famille s'y est mise!), je peux dire que je préfère de loin la seconde. Les cartes sont grandes, le papier brillant, l'impression nette.

Alors, pensons à nos anciens...

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Je te remercie d'être arrivé jusqu'au bout!


dimanche 21 octobre 2018

L'Automne

Quel joli mot: "Automne!"...

  Si beau que les anglo-saxons ont eu la merveilleuse idée d'en faire un prénom: Autumn.

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"Un automne jonché de tâches de rousseur..."

(Mallarmé, "Soupir", 1864.)

 

Nul chemin, nul jardin n'est épargné,

 partout des feuilles, en pointillé.

 La Gaule chevelue prend des reflets roux.

L'Automne m'est si familière...  comme un sentiment d'osmose avec ce qui m'entoure, quelque chose qui nous ressemble,

loin des corps bronzés et nus sur les plages où je ne me sentais pas à ma place.

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La fraîcheur d'Octobre nous a ramené dans notre foyer délaissé tout l'été.

La famille dispersée par les vacances, par les étendues à courir pour les uns, ou les farniente pour les autres, se retrouve comme il se doit depuis toujours... dans la cuisine.

Alors, on prépare des tartes aux pommes, des tartes aux prunes, beurrées et caramélisées, et ces moments de vie sans prétention sont si savoureux...

Un jour, quand les enfants seront grands, peut-être même vieux, une simple part de gâteau au goût d'autrefois, les ramènera ici dans cette cuisine en un éclair. Ils seront à nouveau entre frères et soeurs, enfants, alors que leur vie les aura emmenés si loin...

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De la bruyère et des cyclamens en chemin de table:

 Le décor éphémère d'un dîner entre amis, nous enchantera plus d'une semaine avec les enfants!

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Vie de famille.

On me dit souvent que je vis "comme au Moyen-âge. "

J'ai sans doute peu d'appareils électriques, et d'une manière générale, je fuis le plastique, mais la modernité est bien là! (Et comme dans tous les foyers, les ados plongent régulièrement le nez dans le refrigérateur...)

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Avec l'Automne, le feu revient peu à peu dans les maisons. D'abord on se réchauffe l'âme aux bougies, puis on rallume les cheminées.

Lorsque l'on habite en ville, la corvée de la rentrée de bois pour l'hiver, nous ramène obligatoirement à la nature, à ces gestes d'autrefois, aux odeurs de sève. Parfois une bûche un peu plus pourrie que les autres, fait entrer dans le salon une odeur âcre d'humus et de champignons. Et c'est bon.

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Mais cela ne suffit pas... l'appel d'Automne est bien trop fort...

Alors à nouveau on remplit les valises en carton et on file chez Grand-père et Grand-mère respirer l'odeur du vent encore tiède.IMG_9408Capturefghfgh

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"Vous, vous jouerez dehors
Comme les enfants du nord
Octobre restera peut-être. "

 Octobre, Francis Cabrel

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IMG_9310Une belle anglaise de passage, et les garçons perdent la tête...

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les premiers gros pulls d'Automne... On les porte comme ça, sans manteau, et le vent s'engouffre entre les mailles. 

On enfile des bottes sur des jambes nues, on court les pieds dans l'herbe avec une fourrure panthère, cheveux ébouriffés.

les tenues d'Automne sont tout aussi chaotiques que les gazons immaculés tout à coup envahis de feuilles mortes.

Nous réveillons nos sens. L'Automne est si vivifiante!

Mais contrairement au Printemps, il y a ce sentiment d'urgence: ces moments , il faut les cueillir à pleine mains, car une sorte de finitude , de brume s'installe. La pourriture tâche les feuilles et gangrène les fruits, les champignons s'installent... Samain est proche!

 

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"Il y aura certainement,
Sur les tables en fer blanc
Quelques vases vides et qui traînent
Et des nuages pris sur les antennes"

Octobre, Francis Cabrel

***

 

Chers lecteurs, N'hésitez pas à vous exprimer en commentaire.

Partageons nos plaisirs de l'Automne, nos références, même toutes simples comme cette chanson de Cabrel que j'aime tant...

Vous pouvez laisser un petit like également, ou partager  afin d'aider à transmettre notre vision du monde.

Maintenant c'est à vous de jouer!

vendredi 1 juin 2018

Vert!

La forêt s'est invitée dans la cuisine...

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Il y a bien longtemps que je n'avais ouvert une parenthèse déco...

Peut-être ainsi gagnerai-je quelques lectrices?

(Merci à vous Messieurs qui constituez, à ma grande surprise, les 3/4 de ce lectorat...)

***

Le printemps a du faire naître chez moi une envie chlorophyllienne de nature et de vert...

Heureux hasard, la chaleur du soleil commençant à faire subir mille souffrances à mes sapins de Noël (Ikéa), je les ai mis à l'abris dans ma cheminée, créant ainsi une petite forêt.

On dit qu'il y a 3 moyens de donner une illusion de lumière voir  de fenêtre quand le lieu en est dépourvu:

un miroir, une lampe, ou une plante.

C'est vrai... ma cheminée pleine de suie, si obscure quand le feu n'y brûle pas, est devenue un puit de lumière!


 

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dimanche 27 mai 2018

bonne fête les mamans!

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"Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes, car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous. car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés. L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin. Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ; car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable."

Khalil Gibran (extrait du recueil Le Prophète)

 

C'est si vrai.... Et cela fait des mères qui ont enfanté ces enfants, des portes.

Des portes d'éternité.

Nous avons cru faire des enfant pour nous même, alors qu'en fait, nous avons été des passages... quasi telluriques.

Nous nous sommes inscrit dans le cosmos.

On dit que les femmes n'inventent pas, ne créent pas. Qu'elles recopient. Laissant ainsi la place aux hommes talentueux dans de nombreux domaines.

Et loin d'être blessées par ce constat, nous pouvons le revendiquer.... Car nous re-produisons. Nous faisons partie de ce cosmos, nous en sommes un maillon, nous transmettons.

Avec l'âge et les enfantements, les jeunes femmes insouciantes acquièrent tant d'instinct, de connaissances, de maîtrises. Comme si ce cosmos s'était, au passage, inscrit en elles.

Ainsi, souvent quand nous sommes enceintes, des inconnus nous posent la main sur le ventre.
Celà ne me trouble pas...
Je me sens honorée.
Quand nous sommes enceintes, nous portons une partie du monde.
Nous représentons le cycle de la vie.
Et au même titre que cet enfant ne nous appartient pas, mon ventre non plus.
J'ai toujours été touchée que des mains se posent sur mon ventre (d'autant que ce sont souvent des femmes âgées, pleines de tendresse).
On ne touche alors  pas notre intimité (dont tout le monde se fiche au demeurant), on touche à un mystère bien plus grand,
celui de la vie.
C'est une pratique empreinte de magie, de paganisme...
Et les gens qui se sentent touchés par ça me sont infinilment sympathiques.
Ils ont cet instinct ...communautaire.
(alors que tant d'individualistes sont dégoutés par ce qui leur semble un "alien" qui bouge et déforme le corps sensuel de la femme...)
Bonne fête à toutes les mamans et merci à tous ceux qui voient en elles une part de divin...

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samedi 24 mars 2018

Les Rameaux

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Demain ce sera la fête des Rameaux. Malheureusement, nous ne la fêtons pas... Pas vraiment.

Et pourtant la cathédrale à côte de laquelle nous habitons nous rappelle à grandes envolées de cloches qu'il se passe quelque chose. Ce vacarme magnifique, sacré et populaire me rappelle qu'autrefois on réveillait le printemps dans les vergers à coups de tambourins, de cris, de chants et de brandons: torches enflammées que l'on passait sous les branches des arbres fruitiers pour faire éclore symboliquement les bourgeons. Premier Tohu-bohu du printemps avant l'autre: le carnaval.

Après les fêtes de la lumière pendant l'hiver, le printemps célèbre la renaissance de la vie: Printemps coloré, exubérant et bruyant comme les oiseaux qui nous réveillent à nouveau le matin.

 Partout d'antiques fêtes païennes agraires de fertilité-fécondité avaient lieu autour de l'équinoxe de printemps. 

A Athènes, "les  enfants conduisaient une procession jusqu'au temple d'Apollon pour y déposer un rameau d'olivier auquel était suspendu des pains, des gâteaux ronds, des figues et des godets de miel, d'huile et de vin".  (source)  Dans le Sud de la France ces processions se sont mêlés aux Rameaux chrétiens. Comme ici où est raconté un joli souvenir d'enfance.

 A Rome  avait lieu une semaine de jeux sacrés en l'honneur de la déesse Flore, déesse du printemps et des fleurs: Les Floralia . D'ailleurs ce nom désigne toujours la fête des rameaux chrétien en Moldavie! C'est le retour du printemps que l'on brandissait dans ces rameaux, ce sont les voeux de récoltes abondantes pour l'été à venir , le soleil et le ciel que l'on invoquait à travers ces feuillages toujours verts.

Lundi mes amies m'offriront sans doute des rameaux de buis. Par taquinerie... mais aussi parcequ'elles savent que j'y mets moi aussi du sens. Certaines, qui iront pourtant à la messe Dimanche, ne rejette en rien la part païenne et européenne de ces fêtes. Certaines en font même une condition à ce qui n'aurait été sans cela qu'une religion orientale moins digeste pour elles. Les rattacher à la terre et aux saisons est une merveille supplémentaire, peut-être parcequ'elles sont des femmes, donneuses de vie et si attentives aux changements de la nature.

Je mettrai ce rameau derrière le pare-soleil de ma voiture. Comme le faisait mon grand-père chéri: "Monsieur Aimé"... Et qu'ainsi je penserai encore d'avantage à lui. J'ai également le souvenir de mon arrière grand-mère qui habitait une petite maison de briques dans les Flandres, terres de ma mère. Je courais entre des plates bandes de buis et respirait les bouffées acres de cette odeur particulière. Dans la pièce à vivre, trônait une tête de Christ en plâtre d'une taille assez colossale, couronnné d'un fil de fer épineux. Elle aussi reverdissait chaque année de buis foncé brillant lui donnant  ainsi un air sauvage de feuillu des bois... Dans ma famille maternelle, la foi chrétienne ne s'exprimait pas en textes ou  liturgies. Elle n'était que superstition: buis accroché comme porte-bonheur, amulettes de médailles saintes, grands saints invoqués pour retrouver ses gants, ses lunettes... Une famille terrienne de paysans et d'éleveurs de chevaux qui ont fait de moi ce que je suis aujourd'hui, et à qui je reste fidèle, ce dimanche plus que jamais.

Les Rameaux... ce curieux mélange de foi catholique française, de fête de fertilité primitive, de doux souvenirs d'enfance, et d'une volonté tournée vers l'avenir de réinvestir cette fête, pour moi et ma famille... Alors, je leur lirai ce texte et nous irons nous promener dans nos cathédrales de verdure... en attendant un jour de faire mieux. Il faudra alors plus que ma famille, il me faudra ma communauté.

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 Les écoles laïques Steiner Waldorf s'inspirent de la Hollande pour fêter les Rameaux: batons recouverts de papier crépons, recouverts de confiseries, de brioches.. et ansi équipés, déambulent dans les prés. Ce qui me rappelle ces nuits des "Brandons": dans certaines régions les rameaux étaient incendiés et l'on passait dans les vergers. Ces "brandons" en feux, symbolisaient le soleil, source de chaleur et de fécondité. Témoignage rare de 1901 sur ces cultes  très païens tardifs ici.

Aujourd'hui il ne resteplus que l'épilogue de cette nuit: le brasier des brandons, où l'on brûle parfois une croix, parfois le bonhomme hiver. ... ici ou 

 

 


la montagne

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Mes enfants au ski. 

Inattendu, inespéré... et tellement formidable!

Pendant des années je n'ai pas envisagé que nous irions un jour dans ces montagnes en hiver. je considérais je crois, que seule une élite pouvait se permettre ces séjours, chers, lointains, et pour tout dire... artificiels. Heureusement, la vie m'a montré, depuis l'année dernière que j'avais tord. tellement tord. Le ski, c'est exposé sa silhouette fragile surl'immensité d'un plateau étincelant et admirer, que dis-je, AVALER des paysages: du blanc, du bleu et des forets sombres. C'est la vitesse, le froid glacial qui rosit les joues, et de longs moments calmes et silencieux, suspendus dans le vide, du haut des télésièges. Je pensais que c'était la cohue, la foule bigarrée et bruyante, c'est au contraire le meilleur endroit pour se retrouver face à soi-même au sein de la nature. car face à l'abime d'une pente raide, croyez-moi, on est seul.

Il reste de ces vacances montagnardes des valises dans l'entrée, des coups de soleil grotesques et de merveilleux moments partagés en famille...

Sentiment d'immense gratitude pour la vie, et surtout ceux qui nous ont permis de dormir dans leurs lits, de chausser leurs chaussures... Merci E. et F. et vos huit enfants, sans vous tout cela n'aurait pas été possible.

Photo: Luge traditionnelle en bois, aussi rapide qu'indirigeable, valises en carton (Emmaüs), moon boots (Emmaüs), vêtements divers (Vinted, le bon coin, friperies), Faux sac de luxe ancien (vide grenier).

 

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samedi 23 décembre 2017

Carnets de chants en pdf

Il est bon de chanter à Noël, en famille, pour laisser de côté nos préoccupations individuelles, taire les discussions de table où les avis se confrontent inlassablement, pour chanter d'une seule et belle voix: celle qui proclame haut et fort: "Nous sommes une famille!!!"

Voici deux carnets prêts à être imprimés qui peuvent vous aider dans cette tâche. (liste non exhaustive!)

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carnet_de_chants de Noël (pdf)

noel blanc

mon beau sapin

sancta Lucia

une fleur m'a dit

Voulez-vous danser grand-mère

Petit garçon

Guillaume prends ton tambourin

On se dit joyeux Noël

en traineau,

le feu brille

 

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(Entre le boeuf et l'âne gris, il est né le divin enfant, minuit chrétien, la légende de Saint Nicolas, Adeste fideles, Quel est l'enfant?

ding dong

trois anges sont venus ce soir, fa la la la, la marche des rois,

la jambe me fait mal

Les anges dans nos campagnes, Douce nuit, sainte nuit.

mercredi 8 novembre 2017

Transmettre par l'histoire.

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Cet homme  un brin collectionneur, fou d'histoire, qui peint des soldats de plomb et construit des avions en carton,

c'est mon père.

Mon père a bâti un empire... le nôtre du moins: un paysage de campagne, une grande maison isolée remplie d'enfants, d'amis, des enfants des amis, d'animaux.  Il y eu d'abord des filles, un fils, puis ses gendres et belle fille. Une maison pleine d'agitation. "La maison du bonheur" comme on nous le dit souvent!

Dix-sept petits enfants courant, jouant et laissant traîner de vieux vélos un peu partout (jusqu'au coup de semonce du-dit Grand-Père!) emplissent la maison familiale à intervalles réguliers pour se retrouver et profiter du temps présent dans une homogénéité de convictions rares.

et pourtant...

au départ, rien n'était écrit!

Si nous faisons tourner la grande roue du temps, nous trouvons un petit garçon, construisant des maquettes de chars tout seul. Un enfant unique, troisième génération de parisiens, quartier populaire de la Bastille.

Mais cette  minuscule famille de trois, avait pour luxe ultime la connaissance et le goût pour les belles choses ou du moins, celles émouvantes qui portent les traces d'un passé:

le goût de L'HISTOIRE.

Se pourrait-il que ce soit l'histoire qui ait fait croître une petit graine tombée sur les trottoirs de Paris en un bel arbre honorable et prolifique aux longues ramifications et aux racines solidement enfoncées dans la terre?

Je le crois. La grande histoire, porteuse de valeurs, d'exemples, de héros, et surtout la petite histoire, l'anecdotique, la technique, qui change la face d'une guerre ou la raison d'une révolution, celle qui amuse et qui parle à tous et surtout aux enfants.

Depuis toute petite, j'ai grandi entourée de ces histoires et  à travers elles,  ce sentiment d'appartenance à quelquechose de plus grand que moi-même.

L'histoire est un vecteur de transmission de valeurs nobles, d'attachements à ce qui fait notre Europe, notre pays, notre région, notre famille.

 

Aujourd'hui, c'est le 11 Novembre.   

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mercredi 25 octobre 2017

Samain. Entrez dans la ronde! (suivez le guide...)

Tic tac, le compte à rebours a commencé, la Samain approche et sera là, comme chaque année, le 31 Octobre.

. Car la ronde des saisons est en marche, et elle n'attend pas. Alors cette fois, attrapez ma main et entrez dans la danse!

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Les années se suivent mais ne se ressemblent pas...

Cette année, au lieu d'être à la campagne chez mes parents entourée de mes enfants, de mes neveux et autres amis de passage,  je resterai dans ma maison de centre ville, seule, avec mes travaux, mon chat, ma radio et le soir, mon mari.

Je ne vis pas dans un château de contes de fées à la campagne.

Je vis dans un chantier, un monstre colossal de vieilles pierres et de torchis, de papiers peints déchirés et de tomettes poussiéreuses, en plein centre d'une petite ville, sans même de véritable jardin. Simplement, mon oeil sensible et intransigeant (ainsi que mon zoom!) arrivent en général à cacher ce dont je suis le moins fière pour vous montrer la richesse de ce patrimoine que nous avons choisi, un jour de grande folie, de préserver au dépend de vacances, ballades et ... d'un certain confort de vie.

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Pourquoi vous dire ça?

 Ce que je voudrais aujourd'hui, c'est vous démontrer que même si je suis en ce moment harassée de fatigue sous les tonnes de travaux que j'ai à faire pendant ces "vacances"(car sinon je travaille ...), que je suis amputée de mes six enfants et de ma famille, et bien malgré tout,  je vais prendre le temps aujourd'hui, de préparer cette Samain.

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Pourquoi? Tout simplement, parce que je n'ai pas le choix. Et c'est bien ainsi.

La Samain s'impose d'elle même. Elle est là comme l'Automne est là. C'est ainsi. Arriverait-il à quelqu'un de dire "euh non, je ne fêterai pas noël cette année, je n'ai pas le temps"? Bien sur que non. Tout simplement parce que la nature et les autres nous rappellent qu'il faut célébrer ces fêtes. Et cet appel est si fort, que si nous ne nous y répondons pas, nous sentons un vide, une immense solitude. Ces célébrations sont ainsi: elles sont un fantastique appel communautaire et j'ose le dire, cosmique. ( Au sens propre, où nous avons le sentiment de faire partie d'un tout, du Cosmos). On ne peut pas rester seul dans son coin. J'ai réalisé que tous ceux qui m'écrivent, via ce blog, ont finalement tous la même quête: une quête communautaire. Et ils ont tellement raison!...Les célébrations n'ont pas pour seul but de nous relier à la terre et aux saisons, ils ont aussi pour essence de nous lier les uns aux autres.

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Dans quelque jours,  l'occasion vous est donnée, de participer. D'entrer dans une communauté, de rayonner et même, de vous faire entendre. Parce que bien sûr, il y a beaucoup à dire sur la Samain... Son petit tour en Amérique ne lui aura pas été particulièrement profitable (mais au moins l'auront-ils nourrie...) et il faut bien avouer qu'elle sonne, en France, terre  en partie latine (ou latinisée), un peu faux. Défigurée, carricaturée nous ne la reconnaissons plus, nous nous sommes trop longtemps perdus de vue.

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C'est pourquoi je disais que chacun pouvait faire entendre sa voix. je m'explique... Je me souviens d'une personne, d'un certain âge, qui détestait "halloween". Cela faisait plusieurs années que de jeunes enfants déguisés sonnaient à sa porte au soir du 31 Octobre et  elle en éprouvait une exaspération telle, qu'elle avait décidé de vivre dans le noir, sans allumer ni lampes, ni télévision, afin de n'être ni vue, ni entendue d'eux ce soir là. Une fois même, c'est à quatre pattes sous ses fenêtres qu'elle avait du regagner sa chambre! Je comprenais bien ce qui poussait cette dame, très pieuse dans la foi catholique, à refuser cette fête païenne. Et il ne me serait pas venue à l'esprit d'argumenter sur le fond. Mais je lui faisais remarquer que dans la forme, il est toujours possible de s'exprimer. Et on ne convainc que par le beau, par la gentillesse et l'exemplarité. Comment peut-on fermer sa porte à des enfants? A l'avenir? Comment espère-t-on changer les choses en se cachant dans le noir? Ne voyait-elle pas ce que cet enfermement volontaire, ce replis, avait de mortifiant? J'aimerais vous dire qu'à la fin de cette conversation elle avait suivi mon conseil d'ouvrir sa porte, d'offrir son sourire, peut-être même quelques friandises... et une image pieuse... mais il n'en n'est rien.Elle a continué à se cacher des enfants.

De mon côté je fais de la Samain ce que je veux également: ce sont des fleurs que je creuse sur mes citrouilles et la figure d'un gros bonhomme joufflu et souriant. Les personnifications sont tellement païennes! (encore que l'Automne est pour moi indéniablement une femme!). Ce matin, j'ai acheté des chocolats et des noix, de rares bonbons, et ferai peut-être des biscuits maison. Aux enfants qui me parleront d'halloween, je leur offrirai mon plus beau sourire, ainsi que mes petits présents ... avec un petit dessin explicatif sur les origines d'halloween: La Samain. (si vous avez lu jusque là, et qu'en plus, vous vous inscrivez à la newsletter, je vous l'envoie par mail... Bon, il faut que je le fasse, maintenant...)

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Cher amis, gardez en vous cette capacité d'émerveillement des enfants. N'accordez pas d'importance aux critiques des gens pessimistes, de ceux qui doutent, de ceux qui ont un avis sur tout  et surtout, faites taire celui ou celle qui a la dent la plus dure: vous même.

Le perfectionnisme... maladie de ceux qui aiment le beau et qui rêvent tellement fort, qu'ils en restent paralysés. Ils rêvent en couleur mais sont pétrifiés, comme des statues de pierre par leurs propres exigences. Alors laissez les rêves de côté, et entrez dans l'action: Un simple petit  autel d'automne dans l'entrée de votre maison, quelques bougies, un repas automnal avec des amis ou une poêlée de châtaignes à la cheminée, dans le jardin ou mieux, en pleine forêt... Et entrez dans le temps de Samain, avec ceux qui dansent...

 

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Accessoire de vraie sorcière...un brin collant! ;)

 

                                                                                                                                  Aude

 Merci à ceux qui aimeront, commenteront ou partageront cet article. Unis, nous pouvons changer le monde!

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Posté par AudeBS à 19:24 - Commentaires [11] - Permalien [#]
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vendredi 15 septembre 2017

Tableau d'Automne

Sur les chemins antiques et les sentiers fleuris de Méditérrannée

la jeune Automne

se promène.

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IMG_6143Ici l'été semble déjà bien loin. En quelques jours la robe a été rangée, et les prunes ont depuis longtemps pourri sous l'arbre.

Je porte un serpent au bras.

Le serpent évoque la terre mère. Il est un symbole très ancien, primitif, chtonien. Il est la terre, l'abondance, la vie. Bien que ce symbole préhistorique leur soit bien antérieur, les gaulois l'adoptèrent: ils en enterraient dans les fondations avant de construire leur maison, et le représentaient au pied des statuettes de déesses de la fertilité, au milieu des paniers de fruits et de (souvent) deux enfants.

Il est un symbole féminin depuis des millénaires.

Je me souviens jeune fille avoir tant rêvé sur les prétresses d'Avalon qui avaient deux serpents bleutés tatoués autours de leurs poignets. ("Les dames du Lac", Marion Zimmer Bradley).

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Rien qu'un détail... un léger relief en forme de Triskel  qui pourrait renseigner le visiteur sur nos attaches, familiales et spirituelles. Rien d'ostentatoire. Que celui qui veut voir, découvre, que l'autre passe tranquilement.

Le triskel si connu est quant à lui un symbole solaire.

Les celtes, peuple indo-européens, vénéraient  le soleil et des Dieux ouraniens (du ciel). Il est ainsi un symbole viril. Ses trois branches réunies représentent la triplicité dans l'unité.

La triplicité est un principe fondamental des peuples indo-européens.d

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mardi 5 septembre 2017

Louange quotidienne

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Un membre d'animal mort trône dans notre cuisine. Il s'agit de la cuisse d'un cochon, de son pied, de ses doigt et leur corne...

Dans certains pays, il est mal perçu de manger un animal. Alors, on triche, on camoufle, on hache menu-menu, on en fait des boulettes. On mange sa ration de protéines, en oubliant le plus possible notre statut d'ancien chasseur.

***

Dans notre maison, nous essayons d'avoir une pensée pour chaque animal dont nous nous nourrissons. Dire que nous le faisons à chaque fois serait un mensonge, mais nous essayons le plus possible de ne pas oublier. Plus qu'une pensée... une visualisation, un remerciement, silencieux ou prononcé.

 

Je rêve un jour de peindre les portraits de ces animaux que nous mangeons, un boeuf , un cochon, tous couronnés de fleurs...

***

"Quand la soupe bout dans la marmite,
Vite à table, s'écrie le marmiton
Accourrez, venez tous et bien vite
Recevoir de la nature tous ces dons (bis)"

(Air russe: Katyusha)

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S'il y a un endroit où les dons de la nature sont célébrés, c'est bien , chaque jour, en cuisine. Être païen, n'est-ce pas avant tout SENTIR et ressentir le monde qui nous entoure? Se sentir lié, enchevêtre par des liens, des racines, de sang et de sève.

Une connexion, un ancrage.

Païen-pays-paysan...

Être païen ce n'est pas se définir en opposition à une religion, ce n'est pas non plus regarder Viking sur son ordinateur en mangeant un kébab.

C'est une philosophie quotidienne, qui se traduit par des actes d'une humilité extrême, d'un émerveillement quotidien presqu'enfantin.

Les natures mortes des fruits sortis de mes paniers au retours du marché sont à chaque fois un spectacle magnifique, une explosion de gaieté et de vie dans ma cuisine si minérale.

 

Le fil des saisons... 

 Et pourtant, nous l'avons lâché ce fil! La quasi  toute puissance de l'homme a brouillé les cartes: tomates toute l'année, fraises en hiver... Et si nous ne voulons pas lâcher prise avec cette mémoire viscérale qu'est ce lien entre l'homme, la nature et les saisons, il nous faut alors faire preuve de connaissances, d'effort et de contrition devant les étals. Sans parler d'un certain talent de pédagogue pour expliquer aux enfants pourquoi nous décidons volontairement d'attendre encore avant de nous faire plaisir avec ce fruit qui nous fait tant envie: pour faire du quotidien une série des fêtes.

Chez nous en Septembre, l'arrivée des pommes va  remplir mes enfants de joie, comme d'autres se jetteraient sur un paquet de bonbons!

Mais, à l'inverse,  ne délaissons pas trop vite les légumes d'été pour ceux de l'automne.  Nos ancêtres pensaient réserves, conserves et savaient Ô combien l'hiver serait inlassablement nourri de courges...

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J'ai remarqué autour de moi la fierté des personnes qui font des bocaux eux même.  L'impression de mettre le soleil en conserve pour l'ouvrir au coeur de l'hiver, mêlé à un sentiment d'autosuffisance et d'ancrage dans la tradition, dans la terre. Une réponse à un sentiment sans doute extrêmement archaïque et donc extrêmement précieux.

 

La conservation dans l'huile ou les astuces d'une mère de famille nombreuse:

 

Je n'ai pas le sentiment de faire de cuisine. Plutôt... d'accomoder! Depuis l'été, j'ouvre une multitude de bocaux huileux et je dresse rapidement.

J'ai pu, auparavant, passer une après midi entière à faire ces préparations afin d'être libérée dans les semaines qui suivraient:

comme ces kilos de poivrons rouge épluchés,

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assaisonnés d'aïl, d'échalottes, de citron... et recouvert d'huile d'olive.

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 Les poivrons, écrasés sur quelques tranches de pain grillées, frottées d'aïl accompagnent des morceaux de chèvre frais eux aussi marinés,  toujours à disposition sur un coin de meuble...

un peu de jambon coupé sur l'os par le père qui distribue, achèvent un repas bien simple mais délicieux.

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Ces reserves de dernière minute, des bocaux d'anchois, (ou de poulpes dont je raffole), de poireaux blanchis et citronnés (eux aussi en bocal recouverts d'huile d'olive) acommodent le plat le plus simple du monde:

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...et permettent aux parents et aux enfants des arrangements de dernière minute autours d'une base commune.

(L'assiette de la plus jeune: du beurre. )

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Une vaisselle choisie,

une table bien dressée est un égard, une attention, pour  la nature dont nous nous nourrissons, et bien sûr pour la famille elle-même, dont la cohésion se noue autour de souvenirs aussi futiles d'apparence que la rondeur d'un plat à pommes de terre en bois, la sonorité creuse d'une assiette en faïence.

Odeur, bruit, goût...

 

La nature est si belle et notre époque si laide... Chassons cette laideur de nos foyers et transmettons une certaine vision de notre idéal, chaque jour, à travers cette mémoire profonde qu'est la mémoire sensorielle, la mémoire sensible, la mémoire païenne....

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