IMG_1017

IMG_1018

 

 

IMG_0999

IMG_1032

Je n'avais jamais lu Guillaume Faye.

Ce qui n'est guère étonnant vu le peu de livres que j'ai lu...

Je l'ai toujours volontiers admis, et l'ai souvent écrit dans ces pages, sans en être, pour autant, particulièrement fière. Sans revendication... par pure honnêteté sans doute!

Tombant sur ces lignes à l'occasion de sa mort, il me semble qu'elles ont été écrites pour moi.

 

"Mon Paganisme n’a rien de spiritualiste ni de mystique ; il est charnel, vécu, je dirais : poétique et totalement personnel. Mon itinéraire est tout sauf « spirituel », mais pure ment sensuel. La richesse du Paganisme, que ne possède aucune autre « religion », c’est qu’on y trouve une extraordinaire pluralité de sensibilités : du Paganisme des bois et de l’enracinement, à celui du déchaînement de la technoscience ; du Paganisme des brumes de la lande à celui des divinités du feu solaire. Du Paganisme des fontaines et des nymphes à celui du bruissement sourd des batailles, de celui du chant des fées ou du galop des lutins dans les sous-bois, à celui du tonnerre des réacteurs, de celui des grands Dieux tutélaires à celui des lares. Mais le génie du Paganisme, c’est de rassembler dans une totalité cosmique et organique l’ensemble des passions humaines, avec leurs misères et leurs grandeurs. Le Paganisme est bien le miroir du monde vivant.

Je n’ai jamais été attiré par les textes ésotériques, les élans mystiques, les recherches et les discours sur la symbolique. Pour moi, le Paganisme est d’abord poésie, esthétique, exaltation et intuition. En aucun cas théorie, chapelle ou instrumentalisation."

IMG_1031

Je me délecte des clairs obscurs de ce début de printemps, qui font entrer le soleil encore bas de l'hiver.

Je m'émerveille de ces lattes de parquets noires et brillantes dans mon salon.

J'ai retiré tous les tapis.

C'est mon discours païen, je n'ai que ça à vous offrir et je crois qu'il m'y aurait encouragé.

***

 Je me définirais plutôt comme une adepte du moins... Ce qui en fait rire beaucoup !
A la vérité, je suis probablement déchirée entre minimalisme et décor, entre la simplicité et les parures extraordinaires, la nature et la culture, le monde sauvage et les grandes réalisations humaines, l'enracinement et l'esprit d'aventure... Je ne crois pas que je trouverais une solution un jour, mais un équilibre probablement...
En tout cas les mots de Guillaume Faye (l'archeofuturisme) ont, à nouveau, déplacé le curseur entre ces deux contradictions. Et c'est bien...

"La « spiritualité » désincarnée m’a toujours semblé très ennuyeuse, tout simplement peut-être parce que je ne la comprends pas. (...) Mon Paganisme, essentiellement apollinien et dionysiaque, est l’inverse d’une attitude méditative ; il est intuitif, fasciné par le mouvement, l’action, l’esthétisme de la puissance (et non pas de la prière). C’est pour moi l’essence même de la force vitale, du vouloir-vivre. La vie est l’efficacité, la production historique. L’histoire retient les res gestae, les actes, pas la contemplation abstraite et dandy pour des théories inutiles, balayées par l’oubli. Seul le faire est efficace et, seul, il est le but de la pensée comme des mouvements esthétiques de l’âme.

Le principal danger qui guette le Paganisme, c’est l’intellectualisme de la gratuité, la « pensée », idolâtrée pour elle-même, desséchée et abstraite, para-universitaire, déconnectée du réel et des impératifs de l’urgence. Le Paganisme n’est ni dissertation savante, ni « connaissances » froides, mais attitudes pour l’action. Pour moi, il est immersion dans la vie, pratique qui transforme le monde. Ce ne sont jamais les mots qui comptent d’abord, ni les idées, mais les actes concrets auxquels ces idées et ces mots conduisent. Une idée n’est pas intéressante parce qu’elle est brillante en elle-même, mais si elle donne lieu à une modification d’un état de fait, à une incarnation dans un projet : tel est le centre de l’épistémologie païenne ; à l’inverse de l’épistémologie judéo-chrétienne, où l’idée ne vaut qu’en elle-même, où les contingences matérielles, l’urgence, le réel sont méprisés. J’ai toujours été frappé par le fait que les Paganismes gréco-latin, germanique, ou celtique, n’avaient rien de méditatif ou de contemplatif.

Ils étaient éminemment actifs, politiques et guerriers.

 

Ce qui signifie que les traits majeurs du Paganisme sont

l’union du sacré et du profane,

une conception cyclique ou sphérique du temps

(au rebours des eschatologies du salut ou du progrès, dans lesquelles le temps est linéaire et se dirige vers une fin salvatrice de l’histoire),

le refus de considérer la nature comme une propriété de l’homme (fils de Dieu) qu’il pourrait exploiter et détruire à sa guise ;

l’alternance de la sensualité et de l’ascèse ;

l’apologie constante de la force vitale (le « oui à la vie » et la « Grande Santé » du Zarathoustra de Nietzsche) ;

l’idée que le monde est incréé et se ramène au fleuve du devenir, sans commencement ni fin ;

le sentiment tragique de la vie et le refus de tout nihilisme ;

le culte des ancêtres, de la lignée, de la fidélité aux combats, aux camarades, aux traditions

(sans sombrer dans le traditionalisme muséographique) ;

le refus de toute vérité révélée universelle et donc de tout fanatisme, de tout fatalisme, de tout dogmatisme et de tout prosélytisme de contrainte.

Ajoutons que, dans le Paganisme, se remarque sans cesse l’« opposition des contraires » au sein de la même unité harmonique, l’inclusion de l’hétérogène dans l’homogène."

 

extrait d'un entretien avec Guillaume Faye,

 

naguère paru dans Antaios (2001)

en entier ici: lien