"Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dit
Ça noircit le blanc de l'œil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli."

  (Prévert, Chanson des escargots)

 

Si effectivement ces réflexions vous gênent, ou rouvrent des cicatrices trop fraîches, alors cette fois peut-être, vous devriez passer votre chemin...

 

Pour les autres, si vous voulez bien me suivre vers le royaume des ombres... Ce voyage nous emportera parfois loin dans mes souvenirs ou mes pensées mais nous ramènera toujours, en pointillé, dans mon salon, grâce à la magie d'un drôle de vaisseau couvert de fleurs...

Alors poussons-en la porte...

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Sur la porte, la figure de Mercure le Dieu voyageur. Un clin d'oeil à nos invités de passage. 

 

Le salon est sombre. Il est orienté au Nord et la lumière y rentre peu. Le tissu tendu sur les murs n'a pas d'âge. Les meubles sont noirs, le marbre de la cheminée, la banquette et les fauteuils en cuir, également. Seules de faibles lumières, placées bas, l'éclairent. Quand nous recevons, nous allumons une multitude de bougies et la pièce ainsi animée, devient alors très chaleureuse.

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Mais en journée, C'est tout le contraire. La pièce obscure invite au recueillement, à la solitude et même, à la méditation...

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C'est là  sur un petit meuble, que se dresse ce que nous avons appelé,  notre "autel des ancêtres".

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Il s'agit d'un petit temple de bois entouré de statuettes, de photos, de bâtons d'encens, de laurier et de trouvailles disposées ici et là par notre dernière fille.

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Son caractère sensible et appliqué à toutes les choses cultuelles, font qu'elle fait vivre cet autel plus qu'aucun autre membre de la famille  avec spontanéité et désinvolture. A tout moment de la journée, elle allume un bâton d'encens, fait brûler une feuille de laurier ou dépose ses trésors: des marrons d'Inde, des cailloux , des fleurs et toutes sortes de trouvailles merveilleuses au yeux d'une enfant.

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 Cette enfant a une histoire particulière...

Je n'ai pas l'habitude de raconter de choses si personnelles et j'avoue que c'est bien plus terrifiant que de se montrer en photo. Mais en écrivant ce soir, des souvenirs me reviennent et même, un éclairage nouveau sur de vieux souvenirs délaissés. Et puis bon... n'est ce pas l'utilité d'un blog que de se différencier ainsi des articles de wikipédia...

Cette enfant, disais-je, n'aurait pas du être là. Condamnée par la médecine in utero, je l'ai portée un long un mois ne sachant si elle était morte ou encore vive. C'était l'hiver, c'était Noël, et j'avais accepté la situation, considérant que la nature était toujours la grande prêtresse, seule apte à couper le fil de la vie, plus que les médecins qui m'avaient vivement invitée à me libérer de ce "fardeau".

J'en avait décidé autrement: elle s'éteindrait d'elle même quand son heure serait venue. Il fallait malgré tout, car c'est la loi quand la grossesse a dépassé les six mois,  lui trouver une prénom, et l'inscrire dans notre livret de famille à la suite des cinq autres . Ce serait donc notre enfant mort. Nous étudiions en ce temps les offres de sépultures d'enfant.

Combien de femmes étaient passées par là auparavant? Alors, parceque ces drames sont ancrées dans l'histoire féminine depuis la nuit des temps,  j'acceptais, paisiblement; étonnant souvent, choquant parfois.

Ce petit être, j'avais décidé de l'appeller Neige... parcequ'il avait neigé cet hiver là et qu'elle n'aurait été qu'une  lumière éphémère dans ma vie, dont j'aurais compté les jours, comme on compte la tenue de la neige sur les toits.

Mais la nature en décida autrement. Et à la plus grande surprise des médecins, elle vit le jour au printemps, minuscule mais si belle. ("lien: elle est là") 

Elle ne se prénommerait pas Neige.

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Alors... Est-ce sa pousse dans ce terreau plein d'ombres qui lui a donné certaines inclinations particulières?

Un goût du drame, du culte et des encens, de manière un brin théâtral... mais profondément authentique: un besoin de donner du sens aux choses du temps et de la nature, de toujours tout mettre en scène.

 

Ainsi, il y a quelques années, mon grand père chéri est parti à jamais. Il s'appelait Aimé. 

Il avait été  si bien nommé...

Toute la famille monta dans les Flandres pour l'enterrement de cet homme infiniment bon.

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la ferme où il naquit, et...

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... à un jet de pierre, le cimetière au clocher de bois où il repose. Mon grand-père avait cette chance d'appartenir à une terre, à une culture régionale. Chance que je n'ai pas.

Il était de ces "peuples de quelque part".

Dans la petite église, ce jour là, imaginez-vous: quinze enfants  pleurant à chaudes larmes, s'entrainant les uns les autres dans des sanglots entrecoupés de hoquets et de mouchages bruyants. (Le prêtre qui officiait était africain. Au milieu de la cérémonie, il descendit les marches qui le séparait des cousins pour venir leur parler. Il eut alors des mots extraordinaires, les félicitant d'être là. C'était la première fois qu'il voyait autant d'enfants, si jeunes, à des funérailles et cela lui rappelait son Afrique, où la mort fait encore partie du quotidien de tous, sans fard, intrinsèquement liée à la vie elle même.)

Puis vint le moment de la mise en terre.

Une  image peu commune surprit alors notre petite assemblée familiale et même, les employés des pompes funèbres.

Alors que le cercueil de mon grand père avait déjà été descendu dans le caveau, notre petite fille, qui n'avait pas quatre ans, remarqua l'immense plume de faisan vénéré que j'avais apportée afin de la déposer sur la tombe. Car mon grand-père était chasseur.  Alors, elle me demanda si elle pouvait descendre directement dans le caveau pour la poser sur le cercueil en bois.

C'est donc ce qu'elle fit.

L'entrée du caveau était étroite et bien qu'elle même toute petite, elle dû se baisser pour y entrer. Les hommes en noir la tirèrent alors vers l'intérieur obscur et elle disparu dans la terre avec eux. Elle posa l'immense plume ainsi que le paquet de Dunhill que mon magnifique grand père ne finirait jamais plus, puis reparu, tout à fait satisfaite.

Depuis, alors qu'elle ne le connaissait pas vraiment, elle lui voue un véritable amour posthume allant jusqu'à me piquer des photos que je retrouve dans son cartable.

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Dans ma famille maternelle, flamande, nous allons au cimetière.

Souvent. 

Quand nous étions enfants, avec mes soeurs et mon frère, nous passions nos vacances dans les Flandres. En promenade nous allions, en plus, prendre le vert dans les cimetières militaires! Les guerre ayant sévi sur ces terres, le paysage là bas, est couvert de cimetières militaires étrangers: américains, anglais, canadiens, allemands. Mon cher grand-père stoppait toujours sa voiture pour marcher entre les tombes blanches sur le gazon vert brillant. Et petits,  nous le suivions sans trop savoir pourquoi. Il n'y avait rien à faire qu'à regarder les noms sur les pierres. Mais nous aimions faire cela avec lui. C'était une habitude, c'est devenu un souvenir, et pour moi désormais,presque, une tradition.

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Ma grand-mère a une manière bien à elle (entendez, un peu excessive..) d'inspecter les tombes, leur entretien ou leur fleurissement, comme si le cimetière était une miniature: une sorte de village sur et sous la terre, où les familles sont réunis pour l'éternité et les voisins toujours aussi curieux de ce que l'autre a!

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wwwAlors ma maman raconte sa famille... Ces noms aux consonnances râpeuses qui étonnent les enfants (qui ne sont rien, à côté de certains prénoms! Alidor et Zénobie tout de même!), les métiers, les liens, les histoires... Elle raconte son pays.

 Du choix des prénoms dans la lignée:

Cette famille a une particularité. En effet, ma maman se prénomme Corneille (en deuxième prénom heureusement!).

Mes aïeux portent également tous le prénom de Cornil ou Cornélie à la suite de leur prénom principal. On dit ici que Cornil aurait été un Saint protégeant les bébés et les enfants, mais en fait on ne sait pas... Alors,je m'imagine plutôt une figure tutélaire à cornes: le grand Cernunnos! Dieu antérieur aux panthéons des grands Dieux ouraniens, Dieu préhistorique lié à la terre et à la fertilité que les gaulois ont gardé, absorbé.

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 Cernunnos. (pillier des Nautes)

C'est souvent en contemplant la fin que l'on se met à raconter les débuts: les cimetières, les fêtes des morts, les enterrements sont autant d'occasion à faire renaître des souvenirs, à reformuler les liens familiaux et à raconter toutes sortes d'anecdotes qui rendent l'histoire vivante.

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Mangez quand vous visitez! Croquez à pleines dents dans les recettes de terroirs pour goûter au pays. Car c'est la nourriture des mères qui a faconné les peuples. La gastronomie est le lien physique entre le lieu et ceux qui l'habitent:  car ce qui vient de la terre se met à couler dans les veines.

 

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Quand j'y pense, ce n'est pas la première fois que je vous parle des cimetières.

Je crois que j'aime connaître les "vrais gens d'ici" quand je visite. Quels sont ces gens issus de cette terre et qui y ont finalement pris lentement racines? Quels sont les patronymes régionaux en usage ici ou là? Mon attachement aux liens du sol avec ceux du sang n'y est certainement pas étranger.

Je repense à cet article sur le Mont saint Michel (ici)

ou encore celui ci : qui se passait en Bourgogne:

Dans le petit village où nous allons passer des vacances, le sol du cimetière est très sec et calcaire:  c'est sans doute pour cela que des os remontent régulièrement à la surface. Les enfants, tel des archéologues, cherchent ces trésors. Une omoplate ou une mâchoire ont ainsi fait l'objet de toutes leur attention, au sens scientifique mais également au sens de la dignité humaine: les os receuillis sont toujours jetés dans l'ossuaire avec de vrais égards.

On peut trouver ce jeu curieux! Sans doute faut-il le voir comme une quête à la rencontre de nous même,  une exploration aux confins de l'humain lorsque celui-ci, poussière après poussière, atome après atome, retourne au Cosmos:  à un état de matière qui sera en continuel changement.

Etat d'où il venait avant de s'incarner dans le ventre de sa mère.

 

"Quand on arrive dans ce monde on apparaît.

Quand on meurt on disparaît.

La vie ne serait-elle  qu'une apparition?"

(Patrick Burensteinas. Conférence "naissance et renaissance, utube)

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Mais les cimetières ne sont pas le seul lieu où nous pouvons nous recueillir.

 Le déracinement des familles a entrainé celui des cimetières: A quoi bon être enterré ici plutôt que là? Sans réelle attache et loin des siens?

Alors le choix de l'air, mouvant, plutôt que celui de la terre, immobile, séduit de plus en plus. C'est l'incinération.

La rapidité du feu contre la lente désagrégation du corps dans l'humus.

L'éclair fulgurant d'un Jupiter cosmique contre le long cycle d'une Terre-mère.

Un jaillissement masculin contre la gestation féminine, ou encore,

le feu ou les fleurs...

le choix n'est pas aisé...  Mais au coeur du foyer, nous pouvons réunir les deux dans notre

Autel des morts:

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Vivre... En s'embrasant, ou en se consummant lentement?

 

"telles les races des feuilles,

telles les races des hommes,

tantôt tombant sous le vent

tantot s'accoroissant, inombrables sous la poussée des forets

quand survient la saison printannière,

Ainsi des générations.

L'une croit,

L'autre s'efface. " (Homère)

 

Les feuilles de laurier étaient traditionnellement utilisées en Grêce dans les cultes et le sont de nouveau dans le nouveau paganisme grec. Elle crépitent et sentent "divinement" bon en brûlant.

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Le choix de dresser chez soi un autel des ancêtres va à l'encontre de la société actuelle.

Il y a quelque chose de profondément traditionnel dans cette pratique.

Une origine antique:

La religion chrétienne nous a habitué à placer les morts dans les terres consacrées, loin des habitations.

Habitués à cela, cette proposition de ramener la mort dans nos foyers peut alors paraître sordide pour beaucoup d'entre nous!

On pourra également croire que c'est un effet de mode: En effet, le jour des morts mexicains le "dia los muertos" s'est abattu depuis peu sur notre pays en mal de sens. Le dessin animé Coco de Pixar a ouvert une porte dans laquelle nos concitoyens(nes?) se sont engouffrées avec jubilation. (voir vidéo ) 

Mais un autel aux ancêtres dans sa maison est une antique tradition romaine, reprise par les gaulois dont nous descendons.https://static.blog4ever.com/2006/01/8432/artimage_8432_992893_201004152517694.jpeg

 Le laraire était un petit temple de pierre dans lequel on plaçait des statuettes de terre, de pierre ou de bronze, ainsi que des offrandes.

Y figurait:

-de grands Dieux (Mercure, le dieu du commerce, le préféré des gaulois. Ce qui démontre que la religion était au coeur de la vie de tous les jours), IMG_9464

-des Dieux typiquement gaulois de la nature, et des lieux (déesses des rivières, Epona déesses des chevaux, etc...). D'ailleurs, un détail tout à fait surprenant change également: le laraire gallo-romain est souvent enterré, dans une cave , une niche sombre. Sans doute faut-il y voir encore les traces d'un attachement aux cultes de la fertilité. De plus on a découvert sur certains des figures celestes: lunes et étoiles. Ce qui traduit cet attachement des gaulois avec la nature.

-des déesses de fertilité, produites en grand nombre par l'industrie gallo romaine: figure maternelle héritée du fond des âges, portant des paniers de fruits et deux enfants. Une figure si chère à notre peuple qu'elle transcenda même une religion dite monothéiste..

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-des dieux du foyer, propres à la famille, transmis de générations en générations.

- et bien sûr, puisque c'est notre sujet, des statuettes des membres disparus de la famille, c'est à dire des ancêtres modèles vertueux dont l'exemple guidait la famille d'autant plus aisément qu'à la différence des dieux, l'ancêtre est, viscéralement, une part de nous même.

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lien vers une explication des laraires, aussi riche que facile à lire.

 

La mort en face:

Autrefois, la mort était proche des hommes, perçue et anoblie par un ensemble de rituels et d'usages sociaux.

On mourrait au village, parmi sa famille, à côté de ses voisins. Le  curé en soutane était ce passeur d'état: bénissant d'une même main le front d'un nouveau né, et fermant les paupières d'un vieillard. Il était là, figure de proue de la plus grande crainte des hommes, à l'origine de toutes les religions.

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Image de la mort en attente...

 Le quotidien des villages était ponctué de veillées funèbres, de messes et d'enterrements. Ici et là, on croisait des gens vêtus de noir, portant ostensiblement le signe de leur deuil. (cette pratique a bien mauvaise presse aujourd'hui. Elle semble même cruelle. Et pourtant aujourd'hui, qu'est-ce qui différencie une mère qui a par exemple a perdu son enfant d'une autre? Et ce faisant, comment lui venir en aide, dans le quotidien?)

Mais le monde moderne a muré la mort dans les hôpitaux.

Et tel l'adage: Loin des yeux, loin du coeur, la mort nous est devenue totalement étrangère, lointaine, obscure et innomable.

Un autel des ancêtres dans la maison permet de replacer la mort dans le cycle naturel de la vie.

Cette vie elle même peut s'en trouver galvanisée: vivre à côté de l'inéluctable nous fait mesurer à quel point chaque jour est une chance et une source potentielle d'opportunitées et de joies.

"en te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d'être heureux" (Marc Aurèle).

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Cheminer dans son deuil: de la noirceur à la clarté.

"Même quand la blessure guérit, la cicatrice demeure". (Publius Syrus)

 

Un autel de cette sorte, vivant et gai peut être une aide précieuse lorsque l'on a perdu un être cher.

Les sourires y sont sereins, entourés de fleurs. Souvent, on choisit des portraits d'eux plus beaux, plus jeunes, loin de la maladie ou de la vieillesse. ( sans doute choisissons nous des portrait de l'âme?).

Dans notre société où tout va vite, même le deuil est chronométré. On doit faire son deuil  et tourner la page. La souffrance de l'autre indispose...

 Mais on sait aujourd'hui qu'on ne fait jamais son deuil. On y chemine seulement  pour enfin, un jour, parvenir à cette dernière étape, où, loin d'avoir oublié la personne, on l'a assimilée en soi tel une présence intérieure.  

"Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis."  (Victor Hugo)

 

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On peut alors se contenter de regarder le visage de nos disparus à travers leurs photographies, parcequ'on les a aimés et c'est déjà très bien.

Mais l'humain étant ce qu'il est, il est souvent à la recherche de réponses à ses propres manquements. Il a parfois besoin de se trouver des guides. Alors tel le père de famille antique qui officiait devant le laraire (mais était-ce toujours le père chez les Gaulois? pas sûr...), nous pouvons puiser en eux des forces et des inspirations.

Nos morts avaient tous un "génie" qui leur était propre.

Oh non, nos aïeux n'étaient pas parfaits! (et nos liens avec eux pas toujours évidents...)

(Mais laissons les modèles de perfection aux religions monothéistes), ils avaient des défauts, tout comme les anciens Dieux, mais ils avaient aussi très certainement tous au moins une qualité évidente. C'est dans cette qualité que l'on pourra puiser l'inspiration.  Dès lors, ce n'est alors plus la seule émotion qui nous relie à eux, c'est quelque d'autre, que l'on ressent en chacune de nos cellules: une énergie, un élan de vie.

Quelques Exemples:

Mon grand-père Aimé m'inspire la bonté, le calme mais aussi l'esprit d'aventure et de l'entreprise. (Une sorte de Mercure?)

On m'a raconté de mon grand-père André disparu trop tôt, sa joie irradiante, son goût des combats et du travail artisanal.

De son épouse, ma grand-mère Blanche je tiens déjà une curiosité insatiable et le goût de la décoration, mais elle peut encore me donner de l'élan (et de l'humour) à revendre!

Chez Chr..., ma marraine de coeur, je puiserai grâce, distinction féminine et tant d'art.

Chez toi M. qui nous a quitté il y a si peu de temps, ta culture, ta générosité et ton combat pour tes idées seront toujours un phare.

D'Albert et Georges nos chers voisins d'enfance, avec qui nous partagions en définitive la même grande maison, je puiserai la simplicité rustique, la lenteur sage et magnifique et ce grand savoir qu'est la lecture des signes du ciel pour comprendre les saisons et les métamorphoses du temps...

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 (Le conciliabule des ancêtres, Dessin animé "Mulan", Disney)

 

 

en pratique, A quoi doit ressembler un autel des ancêtres?

  A vous!

 

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Photo de la page "la joie des fleurs", qui témoigne, avec goût et retenue de cet interet pour les autels aux morts. (LIEN)

 

Mais qu'il soit rustique ou contemporain, viril ou romantique, les composantes indispensables de l'autel sont:

-des photographies de vos morts (A noter que les mexicains pratiquant depuis toujours ces autels lors de la fête du "dia los muertos" ne mettent jamais de photos de leurs morts où apparaît quelqu'un de vivant. je ne sais pas ce qu'il faut en penser, mais c'est une piste de réflexion que je vous laisse le soin d'approfondir...).

  -Des souvenirs sensuels, tactiles et olfactifs: qui ont appartenu au défunt ou vous l'évoque seulement. ( Comme un paquet de Dunhill par exemple! ;) )

 -des bougies pour "feu" nos aïeux: le feu a une symbolique riche et forte. Il est depuis toujours utilisé dans les rites. Il nous éclaire de sa lumière, nous permet de voir ce qui était obscur sans lui: le feu nous ouvre la voie de la la clairvoyance, de la spiritualité. Il est
purificateur. Son analogie avec le soleil, par la  chaleur et la lumière, l'apparente à une source de vie, ainsi qu'à l'immortalité. 

-des fleurs ou des éléments naturels: les fleurs, de par leurs couleurs et leurs parfums sont l'emblème  de la vie et du réveil de la nature. Ces feux d'artifices multicolores sortis de terre préfigurent la transmutation des corps des défunts. Grâce à elles,  l'autel s'inscrit dans le cycle des saisons, le grand tout. Ainsi on arrive à replacer le mort dans le cercle de la vie:

"ce principe immuable de renouvellement et de disparition où chaque espèce connaît ce destin absurde de la naissance involontaire et de la mort certaine." (Sylvain Tesson)

                                                  Déjà l'homme paléolitique disposait des fleurs sur les tombes. ( source archéologique)

Les fleurs,  posées à coté du mort sont aujourd'hui une tradition typique de la culture européenne et de ses rituels funeraires.

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On peut également  y placer des plantes, des offrandes de nos jardins et de nos forêts, comme des châtaignes, des fruits ou toutes sortes de trouvailles: coquillages, pierres , plumes...

 

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Le 1er Novembre en Pologne.

 

 Photographies, toujours...

Pour finir cet immense article (bravo si vous êtes arrivés jusque là!) permettez-moi de vous dire quelque chose:

Nos ancêtres ne sont pas tous morts!

Ce que je veux dire c'est que vous avez peut-être encore un grand-père, ou une grand mère qui serait ravi de garder un lien avec vous, en recevant de temps en temps une petite photo de votre vie de tous les jours ou un selfie souriant.

Il y a deux ans j'ai découvert ces applications qui permettent d'envoyer à nos grands parents coupés du monde virtuel, de véritables cartes postales cartonnées, à partir de nos téléphones. Cela prend environ deux secondes...

"une image vaut mille mots". Confucius

Et ça peut changer la vie de quelqu'un...

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Note: Après avoir testé deux applications: Fizzer et Mobile Postcard, 

et être enfin allée chez ma grand mère où j'ai découvert sa petite collection (car toute la famille s'y est mise!), je peux dire que je préfère de loin la seconde. Les cartes sont grandes, le papier brillant, l'impression nette.

Alors, pensons à nos anciens...

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Je te remercie d'être arrivé jusqu'au bout!