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"Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes, car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous. car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés. L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin. Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ; car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable."

Khalil Gibran (extrait du recueil Le Prophète)

 

C'est si vrai.... Et cela fait des mères qui ont enfanté ces enfants, des portes.

Des portes d'éternité.

Nous avons cru faire des enfant pour nous même, alors qu'en fait, nous avons été des passages... quasi telluriques.

Nous nous sommes inscrit dans le cosmos.

On dit que les femmes n'inventent pas, ne créent pas. Qu'elles recopient. Laissant ainsi la place aux hommes talentueux dans de nombreux domaines.

Et loin d'être blessées par ce constat, nous pouvons le revendiquer.... Car nous re-produisons. Nous faisons partie de ce cosmos, nous en sommes un maillon, nous transmettons.

Avec l'âge et les enfantements, les jeunes femmes insouciantes acquièrent tant d'instinct, de connaissances, de maîtrises. Comme si ce cosmos s'était, au passage, inscrit en elles.

Ainsi, souvent quand nous sommes enceintes, des inconnus nous posent la main sur le ventre.
Celà ne me trouble pas...
Je me sens honorée.
Quand nous sommes enceintes, nous portons une partie du monde.
Nous représentons le cycle de la vie.
Et au même titre que cet enfant ne nous appartient pas, mon ventre non plus.
J'ai toujours été touchée que des mains se posent sur mon ventre (d'autant que ce sont souvent des femmes âgées, pleines de tendresse).
On ne touche alors  pas notre intimité (dont tout le monde se fiche au demeurant), on touche à un mystère bien plus grand,
celui de la vie.
C'est une pratique empreinte de magie, de paganisme...
Et les gens qui se sentent touchés par ça me sont infinilment sympathiques.
Ils ont cet instinct ...communautaire.
(alors que tant d'individualistes sont dégoutés par ce qui leur semble un "alien" qui bouge et déforme le corps sensuel de la femme...)
Bonne fête à toutes les mamans et merci à tous ceux qui voient en elles une part de divin...