2016-01 neige à LavalUn oeuf, a quelque chose d'attirant, de fascinant. C'est une enveloppe minérale et parfaite, dure et froide, qui contient ce ferment de vie ainsi que tout ce qu'il faut pour le nourrir et le faire éclore... et ma fille, naturellement le contemple, le soupèse, le caresse... 

La symbolique de l'oeuf est forte. On dit qu'il détient en lui la génèse du monde. Pas étonnant qu'il soit au centre de nombreuses fêtes chez des peuples très différents.

printemps 20161printemps 20162Le matin est frais et clair. Qu'il est gai et vivifiant de chercher les oeufs dans la mousse. Les oeufs industriels que les enfants aiment tant sont simplement débarrassés de leur papier aluminium... Chasser le laid, sans relâche...

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Pour le déjeuner, cette année, nous laissons à d'autres l'agneau pascal. A  nous de créer notre tradition quitte à ce qu'elle ne soit que familiale! Pourquoi pas des escargots? Si printaniers, si terriens et si chers à Vincenot , ça me semble avoir du sens. (Comment? Vous n'avez pas lu "le pape des escargots"?) Moi, j'ai envie de croquer la terre à pleine dent! Du persil vert si odorant, du beurre frais qui fond...

Dans un petit bol, les  oeufs en chocolat se mêlent aux fèves de cacao brutes de maman, les deux opposés de l'industrie et de l'équilibre alimentaire...

printemps 20165Quand j'étais enfant, nos parents nous encourageaient à faire de la peinture et toutes sortes d'activités "salissantes". Peinture de soldats de plomb avec papa, pâte à sel avec maman, etc. Je garde précieusement en mémoire ces moment de concentration et de création communautaire avec mes soeurs. Bien sûr, nous peignions tous les ans nos oeufs, à un âge où d'autres auraient trouvé cela parfaitement ridicule. De la même façon, mes petits créateurs transposent leur imaginaire sur les coquilles toutes blanches... quelle merveilleuse façon de poursuivre cette journée pour les enfants!

(note: acheter des oeufs bien blancs  "à l'américaine", ne pas les vider mais les durcir à l'eau bouillante. Percer un minuscule trou à l'aiguille pour qu'ils ne se fendent pas. Avoir du bon matériel, de bons pinceaux et une bonne peinture, ainsi qu'un sèche-cheveux afin qu'il n'y ait pas de temps d'attente!)

  

Je n'aime pas "Pâques"...

Je veux dire l'éthymologie du nom de "Pâques". Son origine hébraïque est trop... hébraïque pour que je m'y reconnaisse. Idem pour la symbolique de l'agneau (délicieux par ailleurs) ou les cloches de Rome...

... encore que j'ai éprouvé un vrai plaisir à les entendre en pleine nuit carillonner comme jamais, au risque de déplaire à ceux dont elles ne sont pas du patrimoine. Et puis, ce "vacarme" du printemps, crier au temps du carnaval, passer dans les vergers à l'aide de torches enflammées pour réveiller la nature, est quelque chose d'extrêmement traditionnel chez les peuples d'Europe dont je me reconnais...

Ostara?

Tel qu'on l'entend de plus en plus... Je n'en n'avais jamais entendu parler avant peu... Et bien que je trouve l'histoire de cette déesse et toute la symbolique extrêmement sympathique, je ne vais pas non plus lui rendre un culte... (voir plus bas ...)

L'équinoxe...

...ou la "nuit égale".  C'est simple, clair et précis. Indiscutable. Au temps de l'équinoxe,  la durée du jour égale celle de la nuit, la lumière égale l'obscurité dans un équilibre parfait. Et l'oeuf dans tout ça? Il est souvent une représentation de la lumière dans les traditions... Pour peu que l'on aime la symbolique, il est un trésor à lui seul!

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Voici un petit livre parfait pour susciter l'attente de Pâques chez les petits. Les illustrations sont très belles, pleines de détails et l'histoire se rapproche étonnamment de l'histoire de la déesse Eostre (Ostara) Je la raconte plus bas...

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"la surprise de Pâques" de Jan Brett (chez Gautier. Languereau)

 

L'histoire de la déesse Eostre...

... qui a donné naissance au mythe du lapin, ou plutôt du lièvre de Pâques, répandu dans les pays anglo-saxon et germaniques: (où on ne fête pas "Pâques, mais "Easter" en Angleterre et "Ostern" en Allemagne...)

Eostre était la déesse de la fertilité. Elle apportait le printemps tous les ans, faisait refleurir les prés, remonter la sève dans les arbres... Une année, sur son chemin, elle découvrit un petit oiseau se trainant sur le sol. Ses ailes avaient été gelées par le froid de l'hiver. Il ne pourrait plus jamais voler.

Alors, la déesse Eostre, également déesse de la lune, décida de le transformer en un de ces animaux nocturnes qu'elle chérissait: un lièvre. Toutefois il conserverait sa faculté de pondre des oeufs.

(on ne sait si c'est volontaire ou non!) Mais voilà l'histoire! Quand on pense que c'est le moine Bède le vénérable (VIIIème siècle) qui  parle de cette "ancienne déesse" et  que nos enfants ont encore l'image du lièvre de Pâques dans leur panthéon imaginaire... (si tant est que les parents aient le goût de l'y mettre...)

 « Ostara, Ostara, Terre-Mère, accorde à ce champ de croître et de prospérer, de fleurir, de porter des fruits, protège-le, que la terre repose et qu’elle soit féconde, comme les saints qui sont dans les cieux ». 

(prière retrouvée sur les manuscrits de l'abbaye de Corvey.)

Un bel exemple de syncrétisme!"

Source: ("Fêtes païennes des quatre saisons" -sous la direction de Pierre Vial)